UN ANNIVERSAIRE
1968-2008 / 40EME SAISON
C’est un jour de Novembre 1968 que Samson François inaugurait ce qui allait devenir la grande aventure des concerts de la Faculté de Droit. En quelques mois, l’Amphi 1700 d’Assas, traditionnellement dévolu à l’enseignement du Droit, allait se transformer en salle de concerts où défilerait le gotha artistique du moment : de Rubinstein à Schwarzkopf, de Karajan à Bernstein ou Stokowski, de Rostropovitch à Weissenberg, sans oublier quelques jeunes débutants, quasi inconnus à Paris dont les noms deviendraient vite aussi célèbres : Martha Argerich, Vladimir Ashkenazy, Daniel Barenboim, Alfred Brendel ou Maurizio Pollini. Ce sont ces premières et grandes heures d’Assas qui ont constitué les fonts baptismaux du Piano**** qui à son tour allait très vite investir le Théâtre des Champs-Elysées et plus tard la Salle Pleyel et le Châtelet.
Depuis quarante ans, le goût de l’aventure, et peut-être celui du sens artistique, ont conjuguer les récitals des grands artistes reconnus - les Arrau, Serkin, Annie Fischer, Magaloff ou Friedrich Gulda - à la découverte des Perahia, Nelson Freire et autres Radu Lupu, tandis que la musique de chambre trouvait ses lettres de noblesse avec les quatuors Julliard ou Amadeus qui jouaient tout Beethoven, tout Mozart, tout Schubert ou que les Italiano s’adjoignaient Maurizio Pollini, lui-même partenaire de Rostropovich., tandis que Vladimir Ashkenazy dialoguait avec Itzhak Perlman dans les sonates de Beethoven.
Les grands cycles symphoniques n’ont pas été pour autant absents, puisque les mariages successifs de Claudio Abbado avec trois des plus grands orchestres de ce temps allaient donner à Piano**** l’occasion d’apporter à Paris des intégrales encore dans toutes les mémoires. Au premier cycle Beethoven des années 80 avec Alfred Brendel et le London Symphony, succédait pour le maestro milanais, un second cycle Beethoven, cette fois avec Maurizio Pollini en compagnie des Wiener Philharmoniker, installés 10 jours durant à Pleyel, décidés à conquérir Paris. Puis dans les années de règne d’Abbado à Berlin, c’était au tour de l’orchestre Philharmonique de Berlin de s’imposer dans un monumental cycle Brahms et Mahler.
Il n’est pas inutile de rappeler que ces musiques, reconnues pour être au plus haut niveau ont existé et ont illuminé Paris sans subvention publique, ou sans mécénat musical alors quasi balbutiant, mais avec le seul soutien et la fidélité d’artistes, et surtout celui de mélomanes passionnés et enthousiastes.
Sans la passion de rendre la musique vivante, ces entreprises n’auraient pas vues le jour... Puisse aujourd’hui, ces quarante années de concert être la célébration de la continuité.
André Furno


















































