orchestre
Orchestra West Eastern Divan
West-Eastern Divan : un orchestre fondé en 1999
1998
L’idée du Divan occidental-oriental nait dans la tête de deux artistes et intellectuels, l’Israélien Daniel Barenboim et le Palestinien Edward Saïd.
Ils veulent créer un atelier de jeunes musiciens venus d’Israël et de différents pays du Moyen Orient dans le but d’associer des études et une formation musicale à un partage des connaissances et une compréhension mutuelle entre des peuples de cultures traditionnellement antagonistes.
Dans cet atelier, de jeunes musiciens font progresser leurs connaissances musicales tout en coexistant avec des gens de pays parfois en conflit avec le leur.
1999
Edward Saïd, aujourd’hui décédé et Daniel Barenboïm réunissent alors un groupe de musiciens des pays du Proche Orient, Israel compris, (israéliens, palestiniens, libanais, syriens, jordaniens et égyptiens) ainsi qu’une poignée d’artistes allemands pour jouer ensemble à Weimar, à l’occasion du 250ème anniversaire de la naissance de Goethe. Le violoncelliste Yo-Yo Ma s’était joint à l’aventure.
Le nom de l’orchestre est tiré d’un recueil de poèmes de Goethe intitulé West-Oestlicher Divan, qui rappelle comment le poète allemand était attaché à la Perse et aux pays arabes.
L’atelier qui en est issu, comme l’orchestre lui-même, n’avaient et n’ont aucune doctrine politique autre que celle qui est à la base de leur création : l’idée qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien. L’objectif du West-Eastern Divan est de promouvoir la compréhension entre Israéliens et Palestiniens et d’ouvrir la voie à une solution pacifique et équitable du conflit israélo-arabe :
« Créer un forum où des jeunes gens de tous les pays du Moyen-Orient pourraient travailler la musique en analysant la relation entre les instruments comme parabole de la construction d’une société » telle était l’intention des fondateurs de l’orchestre.
La formation compte environ 80 musiciens âgés de 13 à 26 ans et se réunit chaque été. Tous les ans, les jeunes instrumentistes et leur chef travaillent pendant un mois environ avant de partir en tournée. En 1999 l’atelier s’installe à Weimar.
2000
L’atelier s’installe à Chicago.
2002
L’atelier d’été est finalement établi à Séville grâce au soutien institutionnel et financier de la Junta de Andalucia. Quelques jeunes musiciens de l’Espagne prennent aussi part à l’orchestre.
Daniel Barenboim et Edward Said se voient décerner pour l’orchestre le Prix Prince des Asturies de la Concorde.
Daniel Barenboim et Edward Saïd reçoivent le prestigieux Prince Asturias Award for Concord, à Oviedo (Espagne), pour saluer leur engagement en faveur de la paix.
Août 2003
L’orchestre joue pour la première dans un pays arabe, au Maroc à Rabat.
Août 2005
L’orchestre donne un concert à Ramallah qui eût un immense retentissement symbolique.
Août 2006
Daniel Barenboim souhaitait récidiver cette initiative en Egypte. Mais les évènements politiques en ont décidé autrement. C’est finalement à l’Alhambra de Grenade, chef d’œuvre de l’architecture islamique qui est, avec une grande mosquée de la Cordoue et la Giralda de Séville, le plus prestigieux témoin de la présence musulmane en Espagne, que se tiendra cette manifestation musicale et politique qui a vu le jour en 1999.
Premier concert à Paris au Théâtre du Châtelet sous l’égide de Piano????
Août 2007
L’association Japonaise des Arts décerne le Prix Praemium Imperiale de subventions pour jeunes artistes, pour Daniel Barenboim et l’orchestre.
L’orchestre se produit pour la première fois au Festival de Salzburg.
25 août 2008
Retour de l’orchestre à Paris à la Salle Pleyel Lundi 25 août (Co-production Piano****- Salle Pleyel)
L’organisation du West-Eastern Divan
Le West-Eastern Divan n’est pas seulement un projet musical, c’est aussi un forum pour le dialogue et la réflexion sur le problème israélo-palestinien. A travers les échanges culturels des artistes, ce projet pourrait jouer un rôle important, contribuant à surmonter les différends politiques et culturels des pays représentés au sein de l’atelier. Pris pour modèle, un modèle est un bel exemple de démocratie et de cohabitation civilisée.
Mené par Daniel Barenboim et, depuis la mort d’Edward Said, par la veuve de ce dernier, Mariam Said, ce projet est financé par la Junta de Andalucía et par des sponsors privés. Il est admiré dans le monde entier du fait qu’il allie l’amour de la musique à la nécessité d’une meilleure compréhension au sein des cultures méditerranéennes. Le Divan a régulièrement démontré que la musique est une manière efficace de briser des barrières jusqu’alors jugées insurmontables. Il suggère que des ponts peuvent être construits pour encourager le rapprochement des peuples, montrant qu’il est possible pour des gens de différentes origines de co-exister en paix. Un peu comme ces musiciens qui partagent des partitions, des chambres, des réfectoires et par-dessus tout leur passion de la musique.
Même si, à l’évidence, ce n’est pas la musique qui résoudra le conflit arabo-israélien, elle a son rôle à jouer, car elle rassemble les gens et leur permet d’apprendre à se connaître les uns les autres. La seule notion politique qui s’est disséminée au sein de l’atelier, c’est qu’il n’existe pas de solution militaire à ce conflit.
La base de l’orchestre est constituée par un nombre égal de musiciens israéliens et arabes. Une quantité considérable d’instrumentistes andalous se joignent à eux. Trente autres étudiants, provenant de Palestine et d’Espagne, assistent à l’atelier en tant qu’observateurs. Chaque année, le Divan accorde des bourses à des musiciens particulièrement talentueux pour leur permettre d’étudier en Europe ou aux USA. Certains de ces boursiers occupent maintenant des postes auprès de l’Orchestre Philharmonique d’Israël, de l’Orchestre Symphonique de Damas et de l’Opéra du Caire, entre autres.
Le West-Eastern Divan se déroule pendant plusieurs semaines chaque été en Andalousie. Avec un plan de travail intensif – chaque session durant toute une journée et combinant différentes activités – les jeunes artistes développent leurs capacités musicales dans un contexte paisible et approprié. Ils discutent également de divers sujets et proposent différents points de vue sur le conflit arabo-israélien. Ils participent ensuite à une tournée. Depuis 1999, l’orchestre s’est produit en Allemagne, en Espagne, en France, au Royaume-Uni, en Suisse et aux Etats-Unis.
Entre 1999 et 2005, le West-Easter Divan Orchestra a interprété un très large répertoire symphonique, ce qui lui a valu une reconnaissance internationale, non seulement pour ses efforts dans le domaine de la compréhension mutuelle, mais aussi pour sa qualité artistique. Parmi ce répertoire, citons notamment la Symphonie Concertante K297b de Mozart et la Symphonie N°5 en mi mineur op. 64 de Tchaïkovski, ainsi que la Symphonie N°1 « Titan » de Mahler, le Concerto pour Trois Pianos et orchestre en fa majeur KV242, Vorspiel und LIebestod extrait de Tristan et Isolde de Wagner, et les troisième et cinquième Symphonies de Beethoven.
La fondation Barenboim – Saïd
En 2004, durant la sixième édition de l’Atelier du West-Eastern Divan, le Consejeria de Cultura (Ministère Régional de la Culture du Gouvernement Régional Autonome d’Andalousie) a créé la Fondation Barenboim – Saïd. A travers cette fondation, la proposition faite par le Président de la Junta de Andalucia (Gouvernement Régional Autonome d’Andalousie), Mr Manuel Chaves, à Daniel Barenboim et Edward Saïd, a pu se concrétiser, en établissant à Séville non seulement le siège du West-Eastern Divan, mais également la Fondation elle-même.
La Fondation poursuit les buts suivants :
Promouvoir l’esprit de paix, de dialogue et de réconciliation, tout d’abord à travers la musique. Dans ce cadre, l’histoire de la coexistence pacifique de différentes cultures à travers les siècles en Andalousie est un aspect majeur.
Promouvoir l’éducation musicale en partant du principe que la musique ne peut être isolée de la société.
Préparer et promouvoir des projets éducatifs musicaux en Andalousie, Israël, Palestine, et dans les Pays Arabes.
Extrait d'une conférence donnée
par Edward Saïd en 2003 à Londres
Bien que nous vivions dans un monde incroyablement manichéen, conflictuel et discordant, il existe toujours la possibilité d'un type de modèle social alternatif. Bien sûr, Barenboïm n'est pas n'importe quel Israélien et j'aime à croire que je ne suis pas non plus le premier Palestinien venu. Mais avec notre travail et notre engagement envers notre amitié et envers la musique et le projet Weimar-Séville qui est en cours se sont produits un franchissement de frontières et un bouleversement des lignes rigides qui circonscrivaient et organisaient nos existences à la fois publiques et privées.
Sans le statut extrêmement emblématique de la Palestine et d'Israël, rien de tout cela n'eût été possible, car c'est justement parce que ce problème complexe, dont le nœud est à mon sens le combat des Palestiniens pour faire respecter les droits de l'homme sur une terre sanctifiée par les trois grandes religions monothéistes, offre tant de possibilités touchant à la culture, à l'histoire, à la politique et aux relations humaines, que nous avons pu mener notre projet à bien.
Qu’il s'agisse des élèves comme des professeurs, ce qui préside à nos efforts est l'esprit même de la musique qui, je tiens à le souligner, n'est ni une panacée sentimentale ni une solution facile à tous les problèmes, mais plutôt une utopie pratique dont la présence et la mise en œuvre dans notre monde acharné sont bien nécessaires et, par bien des côtés, particulièrement instructives. C'est ainsi du moins que par réaction, un autre monde se fait jour avec pour décor l'Andalousie, elle-même modèle alternatif de cohabitation entre les trois grandes religions monothéistes, et même s'il ne joue pas directement un rôle sur la scène mondiale, il peut quand même annoncer l'advenue d'une attitude nouvelle dont l'exemple pourrait bientôt en inspirer bien d'autres, apportant de nombreux changements salutaires et de nombreuses interprétations pénétrantes de ce qui n'est pour le moment qu'un conflit épouvantablement dualiste et complètement inhumain.
Dans notre travail, notre programme et nos débats, nous considérons avant toute chose que la séparation des peuples ne peut apporter de solution à aucun des problèmes qui les opposent, et bien entendu, que ne pas se soucier de l'autre est absolument stérile. Peut-être bien que la solution viendra d'une coopération et d'une coexistence telles que nous les avons vécues en interprétant, en partageant et en aimant la musique tous ensemble. Quant à moi, je déborde d'optimisme malgré le ciel qui s'assombrit et la situation apparemment sans issue qui pour l'instant nous emprisonne tous.
Edward W. Said Traduction: David Ylla-Somers


















































