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Alfred Brendel
Né en Moravie en 1931, de parents sans penchant particulier pour la musique, Alfred Brendel passe son enfance à voyager à travers la Yougoslavie et l'Autriche. A des époques différentes, son père travaille en tant qu'ingénieur architectural, hommes d'affaires et réalisateur, et pendant un moment, gère un hôtel Dans une station balnéaire sur l'Adriatique. Le jeune Alfred commence à étudier le piano à l'âge de six ans, se produisant en même temps au théâtre d'enfants de Zagreb. Du fait de ces voyages incessants, l'un après l'autre il doit renoncer à ses professeurs. Il donne son premier récital à l'âge de 17 ans à Graz. Désormais, il met fin à l'étude formelle du piano, pr cute;férant assister de temps à autre à des master classes, surtout à celles du grand pianiste Edwin Fischer dont il confiera un jour « C’était un être doté au plus haut point du pouvoir de communiquer la musique, un homme très modeste et rayonnant. Certaines pièces du ‘Clavier bien tempéré » jouées par lui, se situaient tout d’un coup en dehors de toute contingence de mode, de goût du jour, de maniérisme, d’instrument même. Il parvenait à la musique pure libérée de toute attache. » Jusqu'à ce jour, Alfred Brendel considère sa formation musicale peu traditionnelle comme un avantage. D'après lui, «un professeur peut être trop influent. Etant autodictacte, j'ai appris à me méfier de tout ce que je n'avais pas réussi à comprendre moi¬-même », Adolescent, ses intérêts artistiques ne se bornent pas à la seule musique; en même temps, il fait montre de talent pour la peinture et la poésie. Un prix au prestigieux concours Busoni en 1949 lancera sa carrière de musicien.
Alfred Brendel se plaît à dire que « rire» est son occupation de prédilection. Son discours Darwin prononcé à l'Université de Cambridge en 1984 traite du sujet « Faut-il que la musique classique soit totalement sérieuse? », et son jeu montre un rare talent pour mettre en valeur des éléments d'humour inattendus, notamment chez Haydn et Beethoven. Son sens de l'humour se révèle également à travers ses nombreux autres centres d'intérêt, qui vont des églises romanes et de l'architecture baroque à l'art dada et à Edward Gorey, de Shakespeare jusqu'aux vers amphigouriques et au dessinateur humoristique américain Gary Larson. Il se passionne pour le grotesque et le fantastique, et collectionne des objets kitsch, des masques primitifs et des perles journalistiques.
Pour Alfred Brendel, écrire est une source constante d'inspiration et d'expression. Outre son livre, il a publié deux recueils d'articles et de discours: Musical Thoughts and Afterthoughts and Music Sounded Out, ce dernier recevant le Prix Musical pour l'écriture de la Royal Philharmonie Society en 1990. Ses idées sur la musique s'avèrent souvent aussi drôles que savantes, empreintes d'une ironie désabusée, et reflétant ses intérêts éclectiques. Plus récemment, il a publié trois recueils de poèmes en prose en allemand, absurdes et fumoristiques intitulé Fingerzeig Stôrendes Lachen Wâhrend des Jaworts et Keine Teufel.
Entre 1992 et 1996, Alfred Brendel donne ce qui sera sa dernière intégrale des Sonates de Beethoven dans des salles à travers l'Europe et aux Etats-Unis. En reconnaissance de son cycle londonien, il se voit attribuer le Evening Standard Classical Award de 1995 pour la meilleurs performance de l'année, et l'intégrale des enregistrements Philips est couronnée du Preis der Deutschen Schallp1attenkritik en 1997. En 1998, Alfred Brendel fête le 50ème anniversaire de ses débuts professionnels à travers plusieurs événement spéciaux dont des représentations du Voyage d'hiver avec Matthias Goeme aux festivals de Berlin, de Belfast et d' Edimbourg, l'achèvement de l'intégrale des concertos de Beethoven à Vienne avec les Wiener Philharmoniker et Sir Simon Rattle, d'autres intégrales des concertos de Beethoven à Munich avec Sir Colin Davis, et au festival de Cheltenham avec la Sinfonia Varsovia, ainsi que plusieurs récitals travers l'Europe et aux Etats-Unis. Parmi ses engagements en 1999: une tournée européenne avec le Quatuor Alban Berg, une « résidence » spéciale au Carnegie Hall de New York comprenant sept manifestations, d'autres récitals de lieder avec Matthias Goerne et une série de récitals au Japon. En 2001 il a alors 70 ans et à cette occasion il continue de se produire avec Matthias Goerne avec Winterreise, il fait un cycle Beethoven avec les Wiener Philharmoniker et Sir Simon Rattle. Depuis il continue de se produire dans de nombreuses villes Européennes, aux Etats-Unis et au Japon. L’année 2008 sera l’année de ses derniers concerts publics.
Alfred Brendel a reçu de nombreuses distinctions internationales. Domicilié à Londres, il est nommé Chevalier Commandeur honoraire de l'Empire britannique (KBE) par la reine Elisabeth II en 1989 pour «ses services exceptionnels rendus à la musique en Grande Bretagne », Il est nommé docteur honoris causa par les universités d'Oxford et, en 1992, de Yale, pour ses réussites exceptionnelles dans le domaine de la musique qui se consacre à autrui avec passion, et un grand artiste qui est également un pédagogue dévoué». La même année, l'Orchestre Philharmonique de Berlin lui décerne la médaille ans von Bülow, tandis qu'en décembre 1998 il devient membre honoraire des Wiener Philharmoniker, un honneur convoité que n'avaient connu que deux autres pianistes (Emil von Sauer et Wilhelm Backhaus) depuis la création de l'orchestre en 1842. En 2004, il reçoit le Prix Ernst von Siemens, le nobel de la musique, en 2007, le Prix « Une vie en musique – Artur Rubinstein ».


















































